Affichage des articles dont le libellé est H. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est H. Afficher tous les articles

dimanche 10 novembre 2013

Elle, lui, eux, nous...

Elle, lui, eux, nous...

Elle a le cheveux gras, mal lavé, mal coupé, un peu blond, un peu noir, un peu de tout ça quoi...

Il a le cheveux long, gras, un peu de barbe de ci de là...
...
Ils sont un peu vulgaires, fument un peu trop... boivent aussi des fois plus qu'il n'en faut.

Elle crie sur ses petits, un peu trop fort un peu trop souvent.

Il met des fessées, parce qu'ils ont trop bougé, parce qu'il est fatigué.

Elle s'habille un peu trop court, trop noir ou trop clinquant.

Les courses ils les font chez Lidl, Dia, ou Leader price.

Ils écrivent un peu "comme sa"...

Elle est en congé parental, ou bien au RSA, lui cherche du boulot, un peu beaucoup ou pas...

Et moi avec tout ça, j'ai juste honte d'avoir pu penser des fois, autrefois, qu'elle, lui, eux, ont l'air de "cas sociaux"...

Cette saleté d'expression fourre-tout, où on stigmatise, où on classe, où on juge, et où surtout, on méprise..

Cette saleté d'expression que j'aimerai ne plus lire, ne plus entendre.

Cette saleté d'expression qui me fait peur, car des fois j'ai peur d'en être... j'ai peur qu'on me l'attribue, avec mes cheveux noirs, des fois mal coupés et un peu gras... et aussi parce que je connais le RSA et les courses chez Dia...

H
 
 

La suffisance.

La suffisance...

Aujourd'hui encore, j'ai juste envie de dire : STOP...

Stop à la suffisance quand on parle éducation, lien mère/enfant... ...

Je n'en peux plus de lire des "il faut que", "y'a qu'à "...
Et je ne parle pas de nos mères, de nos belles-mères, non je parle de personnes que l'on connaît ni d'Eve ni d'Adam !

Ces personnes qui s'érigent en Evangiles du lien mère/enfant, qui ont LES méthodes, pas DES méthodes, non, celles qu'il FAUT appliquer, pour que TOI et TON enfant puissiez créer un lien...

Mais mon Dieu, mais quelle suffisance... donner des conseils, parler, s'ouvrir au dialogue, c'est empathique, c'est bienveillant... mais pas interroger du pourquoi on a fait ci ou ça, ne pas comprendre nos choix et s'en offusquer surtout...

Alors, globalement, quand on est bien dans nos baskets, ce genre de discours, mi- interrogatoire, mi- accusateur, ils nous énervent juste par la forme, le fond, ben on s'en fiche.

La majorité des mères, on est quand même suffisamment bonnes, on est quand même principalement dans le bon avec nos petits bouts, on est pour la plupart bienveillantes, aimantes, et il y'a des liens forts entre eux et nous...

Alors pourquoi faut-elles encore qu'elles viennent nous dire ce qu'on a fait de moins bon ?

Pourquoi si ce n'est pour s'auto-congratuler, ou se masturber intellectuellement ?

Elles n'ont pas peur, ne réfléchissent pas qu'elles peuvent un jour croiser sur leur chemin, une mère qui a un instant T de sa vie, galère un peu avec son enfant, et qu'elles finiraient par la déstabiliser complétement ?

C'est dingue, le grand écart qu'il se produit entre ce qu'elles prônent pour LES enfants, et ce qu'elles imposent aux mères lambda dans leurs discours, ça m'épate, et ça m'épatera toujours...

H

jeudi 17 octobre 2013

Grandir, et vivre la tête haute


 J'ai grandi au sein d'une famille monoparentale. Une mère, seule, avec ses 2 enfants. Sans pension alimentaire, sans diplôme.

Et elle en a chié, et on en a chié. Et c'était pas la crise. Et tout était trop cher, déjà....

Nos habits c'étaient de la récup', des copines de ma mère.

Aux courses, on comptait chaque centime. La calculatrice dans une main, la liste des couses, qu'on barrait au fur et à mesure bien consciensieusement dans l'autre.

Les débuts de mois, c'était un peu plus la fête, wahou, on s'achetait des Mars, ou des Raider (Twix pour les moins de 20 ans qui ne peuvent pas connaître).

Vous voulez des recettes de pâtes ? Pâtes en salade, pâtes au beurre (margarine faut pas déconner), pâtes à la sauce tomates, gratin de pâtes (avec un oeuf dessus ♥)...

Les rentrées scolaire, c'était la misère... "Racontez nous en quelques lignes vos vacances d'été".

^^ Ouais, dans "quelques lignes", est-ce qu'on peut comprendre 1 ou 2 ?

On avait rien à raconter. On allait même pas à la piscine, et raconter tes sorties au parc du village, à moins d'être Zola, Maupassant ou Jules Verne, tu vas pas réussir à y rendre bien transcendant.

On a grandit, bien en plus, en bonne santé, heureux de vivre, fort, humble, courageux mon frère et moi. Quand on apprend à se serrer la ceinture, on apprend aussi à se serrer les coudes. Ca va avec, c'est comme ça.

On a volé de la bouffe avec mon frère , ouais, ça c'est le côté moins glorieux, à moins qu'on est le culot de parler de Robin des Bois, j'oserai bien moi, je vous le jure, je sais pas si ça se fait par contre, comme ça en public...

On a fait des études, je me souviens de ces déjeuners, où je ne mangeais pas, par manque de fric. Et ces péta**es qui rigolaient "avec H c'est ramadan tous les jours"...

J'ai gardé la tête haute TOUJOURS. De toutes façons, je préférais ça à la pitié. J'ai une dignité, sans faille.

A tel point que je me suis présentée à chaque fois comme déléguée de classes, pour me battre pour les gens "comme moi", pour qu'on puisse avoir l'autorisation de bouffer un sandwich de chez nous dans les locaux du lycée, quand il fait froid, pour ceux, "comme moi", qui ne pouvaient ni se payer la cantine, ni se payer Mc Do.

J'ai été élue, j'ai eu gain de cause.
J'ai toujours été la 1ère de ma classe, toujours, sauf une fois la 2ème. Bordel, j'ai détesté ça.

J'ai eu le bac, avec mention, sans rien foutre car je suis un peu feignasse quand même...

J'ai obtenu un diplôme, en faisant un emprunt à la banque pour payer ma formation. Dans le social, of course. Je ne me vois pas faire autre chose qu'aider l'Autre... résilience, réparation, j'en sais rien, j'aime l'Humain.

Voilà grosso modo ma petite vie. Pourquoi tout ça ?

Aujourd'hui, on est la journée mondiale du refus de la misère, ça colle bien, c'est presque un hasard pourtant, j'y pense depuis hier à cet article.

Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que depuis quelques temps je rencontre des Femmes, avec un "F" géant. Des amies IRL, et """virtuelles""", des winneuses, des battantes...

Des "comme moi"... des mères qui se débrouillent, comme l'a fait ma mère, comme je le fais encore moi.

Merci les vide-greniers, merci Emmaus, merci la transmission des recettes de pâtes.

Et je nous sens fortes, vous êtes fortes, vous êtes dignes, et on transmet, même si c'est un travail d'acharnées, à nos gosses bien plus que de "l'avoir", on leur transmet "la tête haute", et le goût de la lutte... le goût des Autres.

H
 
 

mardi 15 octobre 2013

Qui étaient-elles ?



Nos mères, belles-mères, grand-mères, tantes qui aujourd'hui sont tellement enclin à nous donner des "conseils", plus ou moins avisés sur notre rôle de mère ?

Qui étaient-elles, celles qui aujourd'hui trouvent que tu allaites bien trop longtemps ton bébé, que ton idée d'accoucher chez toi est de la folie, qui pensent que tes couches lavables sont une aliénation de la femme.

Qui étaient-elles, celles qui aujourd'hui t'estiment désinvestie car tu fais garder tes enfants pour aller travailler, voir même pour sortir et t'évader ?

Qui étaient-elles, celles qui te disent que ton enfant est peu habillé, ou trop, ou mal... ?

Qui étaient-elles celles qui te demandent ce qu'il a mangé, qui trouvent qu'il y'a trop de sucre, trop de gras, pas assez de légumes , qui te disent que les petits pots c'est dégueu, et que quand même, tu ne travailles pas, tu pourrais lui faire ses purées...?

Quelles mères étaient-elles, elles ? Quels conseils suivaient-elles ?

J'imagine, que, comme nous, elles suivaient les mouvances de leurs époques, j'imagine, que comme nous, aussi, elles faisaient du mieux qu'elles pouvaient.

Mais je me demande pourquoi, sachant ce qu'on vit, certaines de ces femmes n'hésitent pas à se montrer jugeantes, voir blessantes ?

Se comportaient-elles comme ça avec leurs pairs ?

J'imagine que oui... ou peut-être pas... mais je ne sais pas vous.. mais moi, dans le doute, j'ai envie de vous dire, que je vais continuer mon chemin de l'apprentissage du respect de l'autre et de la bienveillance.

Je vais continuer à faire tout mon possible pour ne pas juger les autres mères... pour plus tard ne pas être de "celles" qu'on aimerait éviter parfois en tant que nouvelle mère... nos mères, belles-mères, grand-mères, tantes... ;)

H
 

samedi 12 octobre 2013

Femme.

J'aime le matin, devant mon miroir, me mettre du rouge à lèvres et me sentir belle.

J'aime, dire bonjour à ce papa, à l'école de mon grand, qui comme une ado, me met des papillons dans le ventre.

 J'aime, revenir de l'école, et boire mon café, fumant.

 J'aime, venir ici, et me sentir libre.

 J'aime boire le café avec mes copines, parler des hommes, de la vie, et un peu des enfants aussi.

 J'aime ces moments de ma vie, qui me font continuer d'être... qui me font me sentir, femme. Entière.

 H

La mère nourricière, une raison d'un non-allaitement.

La mère nourricière, une raison d'un non-allaitement.

Le titre peut vous semblez à priori contradictoire (voir un brin provocateur), pourtant au fil de ce texte vous allez comprendre (ou pas), pourquoi, parfois, allaiter, peut nous sembler ne pas être le meilleur choix pour son enfant.

A tord, oui, certainement, aux vues de ce qui est prévu par Dame Nature, mais une jeune maman, peu avertie, angoissée, peut faire le choix du LA, à un instant T, véritablement pour le bien de son bébé...

"Il était attendu cet enfant, attendu depuis des années, presque depuis toujours. Sa maman l'attendait, sans véritablement croire ce qui allait enfin se produire, elle allait devenir mère, enfin. Entourée de drames péri-nataux, elle se protégeait malgré tout, elle tentait, parfois de mettre de la distance entre elle et son bébé, pour se protéger, au cas où...
Elle savait que tout pouvait basculer, et que le rêve qu'elle semblait vivre, pourrait virer en un instant en cauchemar.

Au 1er abord, elle ne s'en rendit pas compte, mais son bébé lui fit un cadeau, il dépassa sa date de DPA. L'impatience prit donc la place de l'angoisse, et elle mit au monde son bébé, sans déclenchement, un joli samedi d'automne, calmement, sereinement. Son bébé et elle, avaient agit "encore mieux que dans les livres" lui avait assuré la SF.

C'est ce qui leur fallait, pour commencer leur vie ensemble.
On lui demanda si elle comptait allaiter son enfant, elle répondu que oui, ça lui semblait naturel. Trop naturel même en fait.
Car elle ignorait tout de l'allaitement, elle imaginait que c'était simple, à peine né, le bébé au sein, le lait jaillierait, l'enfant serait nourrit.

Elle ignorait qu'il y'avait "une montée de lait", qui pouvait mettre du temps à arriver, plusieurs jours même.

Son bébé tétait, pleurait, tétait, pleurait... il était rouge, énervé, elle se sentait impuissante, dépassée.

Au bout de 3 jours son bébé, celui qu'elle avait tant attendu, celui qu'elle voulait tant aimer, n'était qu'une boule de nerfs, de cris, et de pleurs.

En son sein, elle ne sentait rien. Faire téter son bébé n'avait plus rien de naturel, pour elle, cet acte, ce geste ne menait à rien, ne servait à rien.

Elle appella une SF, demanda du lait, un biberon. La SF lui demanda plusieurs fois si elle était sûre, si c'était bien ce qu'elle voulait.

Elle voulait nourrir son enfant, elle savait que c'était ce qui lui fallait, c'était ce qu'elle voulait, son sein ou pas, elle s'en fichait royalement, elle voulait remplir son rôle primaire de mère : nourrir son bébé.

Elle lui donna son 1er biberon, il l'engloutit, pour la 1ère fois, elle découvrit le vrai visage de son enfant, un visage doux, apaisé, repu. Pour la 1ère fois, pour elle, elle avait accomplit un geste maternel, elle avait soulagé, nourrit son bébé.
Pour elle, et pour lui, elle avait fait un choix, celui qui lui paraissait le plus juste, le plus adéquat, à cet instant T de leur vie.
Elle était mère nourricière."

H
 
 

Le père.

Le père.

Le mien, il fût SDF.
Il fût marié à ma mère, pendant 7 ans.
Il fût un père préférant ses copains, préférant la boisson (façon politiquement correct de dire qu'il était alcoolique)....
Il fût absent à mes 1ers Noël.
Puis il finit pas être absent tout court.
Bref, à 6 ans, je n'avais plus de père. J'ai grandi sans, mon frère aussi, et nous fument heureux.
Mais... aujourd'hui, tous les jours je dois me battre avec mes démons intérieurs, pour me dire que non, tous les hommes ne sont pas des ordures.
Non, tous les hommes ne seront pas des pères absents. Oui ils peuvent être aimants, donc aimés...
Je voulais faire un bébé toute seule, oui, je vous le confesse ici. Me servir d'un homme, et élever mon enfant seule.
Après tout, j'ai bien grandi moi sans père, correctement, je fus aimée, soignée, j'ai fais des études, je vais bien.
Puis j'ai rencontré le père de mes enfants.
Avec son passé, son besoin, son désir d'être père... et on s'est construit ensemble.
En tant que couple, en tant que parent.
Il a apprit qu'une mère peut être aimante, bienveillante, j'ai appris la même chose pour le père.
Et je continues ma bataille interne, donc, chaque jour, pour le père de mes enfants, et pour mon fils, qui sera aussi, un jour peut-être père à son tour.
Le père, j'en parle pas souvent, c'est pas tabou, j'ai juste du mal à en dire quelque chose, de bien, ou tout court.
H
 
 

Jouer "aux cons".

Jouer "aux cons"...

Dans les multiples débats autour de l'IVG auxquels j'ai pu participé, me revenait sans cesse une pensée.

Souvent, on lit "avec tous les moyens de contraception, blablabla"...
Ok. Oui, je crois que globalement, on a toutes comprit, il existe 36 000 moyens de contraception (je vous refais pas le topo pour donner leur taux d'efficacité à tous hein ;)).

Bon, puis, souvent, je lis aussi les femmes raconter leur vécu d'IVG, une pilule oubliée, une grossesse sous stérilet, une capote qui craque...

Et moi, de lire cela dans ce genre de débat, ça me fait mal. Ca me fait mal, parce que j'ai envie de dire "c'est votre histoire Mesdames, votre IVG, si vous avez envie de la racontez, juste pour témoigner, ou vous faire du bien, allez-y, mais j'espère juste que ce n'est pas pour vous justifier, auprès de qui que ce soit que vous nous dîtes pourquoi et comment vous êtes tombées enceintes par accident".

Parce que j'ai envie de le dire haut et fort, des fois, ben en fait, des fois, on joue juste "aux cons", on ne se protège pas, on prend pas de pilule, on met pas de capote, et on a pas 15 ans. Voilà, j'ai vécu ça, il y'a un peu plus de 8 ans. J'ai joué à la roulette russe, et j'ai perdu.

J'ai payé le prix fort, alors aujourd'hui, je ne cherche plus une justification à cet "incident de vie", c'est arrivé, j'en suis pas moins une fille bien, je ne suis pas une salope. Et je ne méritai pas moins qu'une autre mon IVG.

C'est ma vie.


H



Se faire confiance.

Se faire confiance.

Il est d'un principe d'éducation auquel je tiens particulièrement.

J'ai pour idée, pour conviction même que ne pas punir systématiquement l'enfant pour une bêtise faite, l'amènera à se confier, à parler des bêtises qu'il fera plutôt que de tout cacher et parfois risquer de se mettre en danger.

J'ai envie que mes enfants puissent venir m...e parler, se confier, m'avouer leurs erreurs.

J'ai envie qu'ils sachent que je serai là, que je ne serai pas intransigeante, que je serai à leur écoute.

Je n'ai pas envie qu'ils me craignent, qu'ils aient peur de perdre mon amour s'ils font des sottises.

J'ai envie qu'ils puissent avouer leurs fautes, leurs faiblesses, en sachant que je serai là, droite, stable, forte, pour les aider, à reprendre la bonne route, à corriger ce qu'il y'a à corriger, sans jamais les juger, sans jamais les effrayer.

Au-delà même d'être un principe éducatif, j'ai l'impression que c'est une manière de vivre. J'essaye la plupart du temps de me montrer suffisamment bienveillante, et non jugeante pour amener les gens à la confession, pour laisser la parole à l'Autre, le laisser être lui-même, sans artifices, sans paillettes, brut, nu.

Et je vais vous avouer donc pourquoi je vous confie cela, c'est tout simplement que je me suis retrouvée maintes fois surprise des tournures que prennent les discussions quand il s'agit de parler d'éducation bienveillante.

Parce que certaines femmes, qui prônent cette éducation de manière forte et vindicative ne laissent pas la place aux confessions. Elles n'entendent pas l'autre discours, celui des femmes qui avouent, qui confessent leurs faiblesses, leurs difficultés, et qui, maladroitement ou pas, ont besoin qu'on leur ouvre une porte, celle de l'écoute.

Une maman écoutée, rassurée, entourée de mots bienveillants et encourageants sera amené à se re-confier ultérieurement, à avouer ses difficultés, et voir, un jour à demander de l'aide.

Or, en général, ses femmes qui viennent dire à quels points , parfois elles n'ont d'autres solutions que la violence éducative sont souvent huées, montrées du doigts comme les pires mères au monde.

Et, pour moi, comme ça, on les a perdu. On les a perdu de la blogosphère et elles n'oseront plus jamais prendre la parole.

C'est comme foutre une claque à un gosse qui vient de t'avouer avoir casser un vase, la prochaine fois, il planquera les morceaux, quitte à se couper au passage...

J'aimera qu'un jour ces femmes-là, ces femmes qui prônent l'ENV, fassent ce parallèle.

Une femme écoutée, c'est un enfant sauvé.

  H.


Ma petite O.


Sans raison, tout simplement parce que j'aime la raconter, sa naissance, ma fille...

Vendredi 13 juillet matin je me réveille, E. mon grand, est à côté de moi. Comme d'habitude, on se fait un gros câlin, et je lui propose d'aller au marché , il est d'accord, on aime bien y aller ensemble, flâner, et boire un coup en terrasse.

Je me lève, et je sens que "ça"coule. Je pense à la perte des eaux, mais ce n'est pas "franc"...

Mais quand même, puis je perds du sang, je pense donc que le col travaille aussi...

Je décide d'appeler maman, pour qu'elle garde E., et A. (Monsieur H) pour qu'on aille faire un tour à la mater, mais sans grande conviction non plus.

Le temps d'une douche où je suis tremblante, fébrile, on prend les affaires, on sait jamais, et vers 10h on arrive à la maternité.

Devant la sonnette je demande à A. ce que je vais pouvoir leur dire, pourquoi je suis là, je ne suis même pas sûre d'avoir perdu les eaux...

C'est un homme qui vient m'ouvrir, et qui me fait entrer en salle d'examen, le même qui m'avait examiner 15 jours plus tôt, quand O. (ma fille) avait fait de la tachycardie...

Le sage-femme (Mathieu) m'examine, il n'est pas sûr que ce soit la poche des eaux. Mon col est à 1 et demi. 


  Et j'ai eu 1 contraction youhou...

Il me fait un test pour voir si c'est une perte du liquide amniotique, il faut 5 bonnes minutes pour avoir le résultat.

Je me rhabille, rejoins A. dans la salle d'attente, on s'apprête à repartir en fait.
Mathieu me rappelle, le test est "douteux"... donc ils sont obligés de me garder...

C'est "drôle", car juste avant qu'il ne prononce le mot "douteux", je l'avais entendu dans ma tête me dire ça, je commençais à comprendre ce qui allait se passer...

Il n'y a de la place nulle part, la maternité est bondée, je dois attendre pour avoir une chambre que quelqu'un parte.

En attendant on va faire les papiers, on se ballade, passe des appels...

A l'accueil, la secrétaire nous parle politique, on parle des dernières élections... puis elle me dit "oh, vous, ne pensez pas à tout ça, vous allez vivre le plus beau jour de votre vie aujourd'hui"... et c'est vrai, le plus beau jour ex aequo

On va dehors, on prend l'air, j'appelle ma mère, j'ai quelques "contractiounettes" comme je dis...

Je demande comment va E., ils sont allés au marché, tous les 2... et moi, je ne pense même plus à toute cette autre réalité, le voyage dans ma bulle a déjà commencé...

Il est presque 13h, j'ai quelques contractions qui s'intensifient, un peu... mais je dois quand même être debout pour les supporter.

A. veut qu'on retourne vers la salle d'attente... moi je voulais rester dehors, mais il préfère...

Je le suis, je ne veux pas le stresser, mais je serai bien rester encore au plein air... il y'a du soleil, des travaux, des gens qui bougent... c'est la vie, c'est rassurant...

13h05, Mathieu me demande comment je vais, je lui réponds que ca va, que je sens que ça travaille, un peu...

Il est moins débordé, me fait rentrer dans la salle d'examen, pour voir où en est mon col, j'en suis à 4, ça travaille bien. Je le sentais, je suis contente

Je lui demande quand je pourrai avoir la péri, il me répond qu'on va finir le monitoring, et qu'après il me fera d'abord la piqure pour me poser la perf (de glucose? J'en saurai même rien!).

Il part pour chercher le matériel, et là, rien ne va plus, j'ai de plus en plus mal, je suis debout, je me tiens à A., je respire son odeur, profondément, intensément, elle me rassure... les contractions ne sont plus du tout gérables, elles explosent le monitoring, je montre ça à A.... il est 13h20, je sonne Mathieu...

Il arrive, me demande si je peux encore tenir pour 5 minutes de monitoring, je lui dis non, j'en peux plus...

Il m'enlève les sangles, me fait me déshabiller, je ne sais même pas comment j'y arrive, il m'aide à enfiler la blouse, A. ferme ma blouse, je lui dis "non laisse ouvert pour la péri".

Mais ça m'énerve Mathieu n'appelle pas l'anesthésiste, sachant qu'il faudra attendre encore 1/4 d'heure pour qu'elle agisse, je commence à désespérer de toute cette douleur...

Il repart rechercher ses trucs pour la perf, et A. part chercher mes valises.

Mais là, je ne tiens plus...

Je pars au fond de la salle je ne sais pas pourquoi, me tenir au bureau en "V", je m'accroupis et hurle "ça pousse"...

Je sens que "ça" pousse encore, et encore, j'ai l'impression que tout va exploser !!!

A. qui arrive, les bras chargé appelle Mathieu en hurlant, me retenant, ne lâchant pas les valises pour autant, Mathieu appelle à son tour sa collègue, tous les 3 me transporte tant bien que mal sur la table d'examen, je suis sur le côté, je m'accroche à A., j'hurle de douleur, de peur, je crie que j'ai peur, je crie "mais sort bordel" ...

Et en 3 poussées, O. est sortie, belle, douce, et souriante dès sa naissance.

Je n'aurai même pas eu le temps d'aller en salle de naissance.. j'ai dilaté de 4 à 10 en 6 minutes...

Par contre je ne la garde pas longtemps sur moi, c'est A. qui prendra le relai, j'ai eu pas mal de souci, un placenta qui ne sortait pas, j'ai eu beaucoup plus de mal pour l'accoucher, j'ai beaucoup saigner, Mathieu avait peur d'une hémorragie, enfin, on va pas s'attarder là-dessus, car au final tout va bien.

Ma petite puce, pendant les 2 heures où j'étais un peu "pas bien " à hurler, dès que j'étais en état, on l'a posé sur moi, elle s'est endormit paisiblement...

Je l'aime déjà plus que tout, tous mes doutes, mes questions se sont envolés en une fraction de seconde...

Je suis la plus heureuse des mamans, des femmes.

Un peu plus tard, Mathieu me disait qu'il avait sentit que je n'avais pas vraiment envie d'une péridurale, il avait raison, je suis heureuse d'avoir vécu cela, cette douleur, cette poussée incroyable, cette puissance....

  H

 

La vaccination.

La vaccination.

Il est un des choix qui me semble particulièrement difficile, celui de la vaccination.

C'est un des choix les plus importants, les plus conséquents à faire pour nos enfants à mes yeux.

Que faire ? Effectuer tout le calendrier vaccinal en temps et en heure ? Retarder le plus possible les injections ? Ne pratiquer que les obligatoires, voir ...
tenter de les éviter ?

Chaque parent va être confronter à ce dilemme. Pour certains, le choix sera facile, il faut vacciner. Pour d'autre, il ne faut faire que ceux exiger par la loi, simplement.

Je pense que ces choix, sont aussi respectables les uns que les autres. Ils viennent tous de raisons profondes, la peur des maladies, ou la peur des vaccins avec parfois le désir d'une immunité acquise naturellement .

Chaque peur est respectable, et nul n'est un mouton, ni mouton des lobbys pharmaceutiques, ni mouton de mouvements obscurs pro-nature ou de théories du complot...

Chaque choix est respectable, car nous tentons de les faire en notre âme et conscience, avec nos connaissances, et nos expériences, nous agissons en fonction de ce qui nous touche.

Peut-être certain(e)s d'entre vous vont me parler de couverture vaccinale, de protéger l'autre en se vaccinant soi... comme je le comprends comme je trouve cela juste, comme j'ai défendu cela.

Jusqu'à devenir maman, ou égoïstement, ou pas, je ne voyais plus tellement la société, je ne voyais que mes enfants, ce que j'allais leur imposer à eux, c'était de leur vie qu'il s'agissait, de leur santé, des éventuels effets secondaires, des maladies ou des vaccins...

Alors je ne sais pas, quand il s'agit de soi, penser à l'autre par la vaccination me semble plus simple, que lorsqu'on prend la décision pour l'autre... non ?

Bref, ceci étant dit, je le rappelle, seul en France le DTP est obligatoire en matière de vaccination, même si beaucoup de collectivités en demande plus.

H



 

Avoir un autre enfant, et dépression pré-partum...

Avoir un autre enfant, et dépression pré-partum....

J'ai toujours voulu être maman. Avoir un enfant, au moins un.

Après mon IVG, je n'en voulais plus, pour me punir, ou par loyauté envers celui que je venais de perdre, je ne sais pas, un peu pour les 2 raisons....

Puis finalement, mes tripes ont pris le dessus, et j'ai eu mon fils...

Il était comme une évidence, je ne sais pas comment dire les choses autrement...

Pourtant je n'ai pas eu de coup de foudre maternel, pourtant ses 3 premiers mois de vie ont été difficiles, bien plus que ce à quoi je m'attendais...

Puis il a grandit, et plus il grandissait, plus c'était facile, plus il grandissait, et plus je l'aimais..

Et chéri me parlait du 2ème...

Quoi, un 2ème?

Je devais bien faire cette tête là... -_-

Mais je n'ai pas su dire "non", j'ai juste su faire attendre le délai nécessaire pour me lancer, même si jamais je ne me suis sentie prête.

Je suis tombée enceinte, j'étais heureuse un petit peu au début, et tout s'est dégradé rapidement.

J'ai voulu faire une FC, faire une IVG, je ne voulais plus de ce bébé qui m'affaiblissais physiquement, qui me rendait malade, nauséeuse...

Puis j'ai eu un décollement du placenta, qui m'a fait m'attacher à ce bébé...

Puis tout allait mieux, et hop, rebelote, j'ai replongé en dépression pré-partum...

Mais bon sang POURQUOI avais-je cédé pour faire ce bébé? Il me gâchait déjà la vie!!!

Non mon fils, tu n'as pas à t'en faire, à être jaloux, tu es mon 1er enfant, tu as une place spéciale dans mon cœur, je n'aimerai jamais ce bébé comme je t'aime toi, c'est pas possible...

J'aimerai un 2ème garçon alors, pas une fille, parce qu'il paraît qu'on est plus fusionnelle en tant que maman avec sa fille, je ne veux pas te faire ça mon fils...

C'est une fille. J'accuse le coup.

Je mettrais de la distance entre elle et moi..

On avait déjà choisit les prénoms, O. pour une fille, Rudy pour un garçon... je n'aurai jamais mon Rudy.. j'en pleure...

Je fais du DG, on me met au régime, elle a la tête en haut, elle fait de la tachycardie... j'en ai marre, marre, marre, la moindre contrariété dans cette grossesse prend des proportions gigantesques...

Chéri ne m'apporte pas le soutien que j'aurai voulu, un jour je lui lâche "si j'avais su comme ça allait être jamais je l'aurais fais ce 2ème bébé !"... il m'en veut... m'en fous !

Plus l'échéance de ma DPA approche, plus je profite de mon fils, j'ai peur de mourir en accouchement, j'en veux au bébé...

Je préviens chéri, qu'entre elle et moi, en cas de souci, il faut me sauver moi.

Je sens mon fils, fais mille et une chose avec lui, parce qu'après, bordel, ca va être comment après...?

Je m'attends à un tsunami, à une tempête, je passe des nuits blanches à en pleurer..

Et un vendredi 13 juillet O. a pointé le bout de son nez, rapidement, merveilleusement...

Et la vie auprès d'elle, c'est juste une merveilleuse ballade, c'est une petite fille d'une douceur incroyable, facile à vivre, qui sourit depuis l'instant où elle est née....

Ma vie, la vie de Grand garçon n'a pas changé, enfin, si elle s'est embellie...

Alors, je ne sais pas quoi en conclure, je n'ai jamais voulu de 2ème enfant, même jusqu'au jour où elle est venue au monde, mais qu'elle soit là me rend heureuse...

Bon, bien sûr je ne vous parle pas de la culpabilité que je ressens hein, mais c'est une autre histoire...
H


 

Dans une bulle...

Dans une bulle.

Donnez moi une baguette, une magique s'il vous plaît.
Et dans une bulle je les mettrai.
A l'abri du chagrin, des larmes, de la maladie,...
A l'abri des attaques, et de la malveillance d'autrui.
Donnez moi une baguette, une magique s'il vous plaît.
Dans cette bulle je les protégerai.
Contre la frustration, la colère et la tristesse,
Nous construirons notre forteresse.
Ne me dîtes pas qu'ils ne sont pas en sucre,
De mes bras je leur ferai une involucre.
Ne me dîtes pas que la vie est ainsi,
Et pour toujours ils seront à l'abri.
Ne me parlez pas de la réalité,
De toutes façon je vais la nier.
J'aimerai ne pas avoir conscience,
Qu'un jour sera la fin de leur enfance.
Je vous en prie, aidez-moi,
Je vous en prie faites avec moi,
A nos enfants, à nos bambins,
Un monde encore plus beau pour demain.

H
Bib, sein et féminisme.

On ne choisit pas de donner le biberon par féminisme.

On ne choisit pas l'allaitement par féminisme.

On ne choisit pas le biberon pour se libérer du joug du naturalisme. 

On ne choisit pas l'allaitement pour se libérer du joug de l'industrie laitière.

On fait des choix -tant qu'il en sont et qu'ils en seront- car ils correspondent à ce que nous pensons, à ce que nous vivons, à ce que nous pouvons faire, ou pas, à l'instant ou nous prenons nos décisions.
Le féminisme, dans ces cas-là, c'est être capable d'être à l'écoute de la femme que nous sommes.

Et l'enfant dans tout ça ?

Oui, il va subir ou non notre choix, comme il a subi et subira tous les choix que nous faisons pour lui, à travers nous, dès l'instant même de sa conception.

On va tenter, toutes au mieux, de faire ce qui sera le mieux pour lui, parfois on réussira, parfois on échouera, parfois, on se dira simplement qu'on fera mieux la prochaine fois.

Je suis née mère, cela ne m'a pas transformée en machine de guerre, je suis faillible, et mes enfants m'en remercient, la pression pour eux sera moins grande.

 
H
 
 

Nos madeleines de Proust n'étaient ni bio, ni diet.

Nos madeleines de Proust n'étaient ni bio, ni diet.

Un jour, au fil de mes pérégrinations sur les forums dédiés aux mamans, j'ai lu une phrase qui m'a interpellée. Une internaute confiait donner un biberon de cacao le matin à sa fille, et de là, une autre de lui répondre "Mais quel intérêt nutritionnel?".

Gloups. Je fus grandement surprise, d'appendre donc, que l'on mangeait juste pour vivre, ju...ste pour apporter à son corps des nutriments.

Alors, oui, je suis plutôt partisane de l'adage "manger pour vivre, et non vivre pour manger", mais, enfin, quand même...

Qui d'entre vous n'a pas de merveilleux souvenirs de bols de Benco, ou de Quick? Qui d'entre vous n'a pas souvenir d'un Mr Freeze bien glacé, et bien coloré? Qui d'entre vous n'a pas souvenir d'un verre de Tang (rien que d'écrire le nom j'en salive)?

Je me demande, et pourtant si vous saviez comme je m'applique à nourrir le plus sainement possible mes enfants, s'il serait possible d'avoir le même genre de souvenir réconfortant, amusant et ludique avec une tartine de tofu sur une galette de riz?

Alors, quand parfois mon sang ne fait qu'un tour en voyant mon grand s'enfiler une glace qui lui rend la langue bleue, mon cœur d'enfant se réveille, et je souris...

H.
 
 

La culpabilité sens dessus dessous.

La culpabilité sens dessus dessous.

Entre nous, je vous le confesse, il est un mot que je ne peux plus "lire" en peinture (oui nouvelle expression française ^^).
Ce mot, est je vous le donne en 1000... "information", non..., "égoïste", non..., "frustrée".... non toujours pas... tadam : CULPABILITE !

Ce mot, clairement, est devenu un mot "fourre-tout". On l'...emploie pour tout et rien, on l'utilise à tort et à travers, il est une arme, une défense, il est tout, mais en l'occurrence surtout rien maintenant.

Comment expliquer, le plus clairement possible ce que je ressens ?
Non, lire un article sur les méfaits du LA à titre personnel ne me fait pas culpabiliser. Il peut à la rigueur, me faire peur, mais ce n'est pas du tout le même ressenti.

On se sent coupable de quelque chose, que l'on a fait de mal, que ce soit réel, ou imaginaire. Donner du LA, ce n'est pas mal. Si bébé le supporte bien, et est en pleine santé, il n'y a pas de culpabilité à avoir donc.

Si bébé présente quelques soucis qui n'auraient pas eu lieu, de façon certaine avec du LM, là je comprendrai ce sentiment.
Mais quand tout va bien, le sentiment de culpabilité n'a pas lieu d'être même en lisant absolument toutes les études sur le LA, on peut juste avoir (ou pas) un peu peur.

Cependant, comme tout, absolument tout est multifactoriel (le diabète, l'obésité, le cancer pour ne citer que cela), on peut aussi prendre partie, de ne pas se sentir responsable de tous les maux dont POURRAIENT être atteints nos enfants.

Même en faisant le "mieux", même en faisant "moins bien", nous ne sommes pas toujours responsables de ce qui leur arrive de bien, ou de mauvais. N'ayons pas cette prétention.

Ensuite, parfois, nous (je) réagissons vivement quand nous (je) lisons des attaques sur les mamans qui donnent le biberon. Cette réaction, n'est pas un sentiment de culpabilité.

Je ne sais pas vous, je ne connais pas votre vie, mais, personnellement, la culpabilité, ce sentiment, je le connais. Ce sentiment, il nous assomme, ce sentiment, il nous accable, il ne nous rend pas battante.

Ce qui nous fait réagir, c'est la colère, l'incompréhension. Une étude informative neutre, on la lit, on la prend, et on fait avec.
Une attaque, là, c'est pas pareil... lire noir sur blanc que du fait même d'un non-allaitement que tu es une femme qui s'en bat le coquillard de la santé de ton enfant, que ton bébé n'est qu'un veau, ouais, ok, moi, je suis bien gentille comme fille, mais je ne suis pas une serpillère non plus.

C'est pas la culpabilité qui va me faire réagir, car non, je m'en bats pas la rate de la santé de mes enfants, et non, mes gosses ne sont pas des veaux, donc, j'ai pas à culpabiliser, tant que des cornes ne pousseront pas sur leur crâne, ça ira .

Mais la connerie des autres, ben non, je ne peux pas en faire cas, je réagis, par colère.

Voilà, voilà pour moi, un petit éclaircissement des différents sentiments qui m'animent, la peur à la rigueur parfois, la colère, malheureusement souvent.

La culpabilité, je me la suis réservée pour d'autres évènements bien plus graves de ma vie."

H, qui aime les mises au point.


Une vie, une maman ordinaire.

Le matin, je me réveille.

Mon fils se réveille soit avant, soit après, et la 1ère chose qu'on fait, c'est un énormissime câlin (mère parfaite).

Puis, je lui mets ses dessins animés (mère indigne), et lui prépare son biberon (mère indigne), de lait de vache, avec du cacao (mère indigne * 2).

Je le prends dans mes bras pour lui donner (mère parfaite)....


Puis, ma fille se réveille, je lui fais aussi son gros câlin du matin (mère parfaite), et lui prépare son biberon (mère indigne), de lait de vache avec aussi du cacao (mère indigne * 2).

Puis, on se prépare, et s'il fait beau, on part en ballade (mère parfaite), ma fille bien installée dans sa poussette (mère indigne).

On va au parc (mère parfaite), puis on va chercher le pain, et je prends des petits bonbons pour mon grand (mère indigne), mais pour après le repas (mère parfaite-semi indigne quand même).

On rentre à la maison, et je prépare le repas, je fais une purée pour ma fille, avec des légumes bio (mère parfaite), et du fait-maison aussi en général pour mon fils (mère parfaite).

Souvent, je lui propose avant, en période de grandes vacances, un petit apéro, c'est-à-dire, une grenadine, et des chips (mère indigne*2).

Après mangé, ma fille fait sa sieste, et pour avoir un moment à moi, je mets mon fils devant un dessin animé et lui donne ses petits bonbons pour qu'il les mange devant (mère indigne*3).

Pendant ce temps, je traine sur le pc, ou regarde une série en replay, bref, je pense à moi (mère indigne).

Puis, le moment calme se finit, soit on ressort, soit on fait des jeux d'eau, dans la piscine, ou on va faire quelques courses (mère parfaite).

Le soir, je donne le bain/ou la douche... ou pas (mère parfaite ou indigne), selon si j'ai la flemme, et/ou leur degré de saleté ^^.

Puis on mange (voir passage du midi).

Et le soir, je couche le grand en 1er, pour être tranquille (mère indigne), je lui lis un livre (mère parfaite), ou pas si j'ai aussi la flemme (mère indigne).

La petite, je l'endors après, plus tard, je la berce dans mes bras (mère parfaite), après qu'elle ai bu son biberon de lait avec de le Blédine (mère indigne * 3).

Voilà, la journée ordinaire, d'une maman ordinaire.

H



 
Nier, effacer, et changer les souvenirs.

C'est à ce que semblent s'atteler certaines femmes qui n'ont en tête qu'un seul idéal d'accouchement. Enfin, je parle d'idéal, mais je pense que pour elles c'est plus que cela, c'est juste la seule possibilité de donner la vie. L'accouchement naturel, physiologique, non médicalisé, si possible à domicile est la seule option envisageable.

 Soit. Encore une fois, c'est tout à fait entendable, respectable, tant que ce choix, elles le gardent pour elles, tant que ce choix elles ne tentent pas de l'imposer aux autres.
Malheureusement, ce n'est pas le cas, c'est loin d'être le cas.

 Encore, si simplement elles se contentaient d'informer sur les éventuels risques de la péridurale, je pourrais encore admettre la chose, mais, en fait, je me rends compte que ca va beaucoup, beaucoup plus loin.

  Même trop loin à mes yeux. Parce que voilà, non contentes d'ériger l'accouchement naturel, comme le plus bel accouchement possible, les voilà parties en croisade, par de là les forums et autres réseaux sociaux, pour traquer les divers récits, et y aller de leurs "doux et bienveillants" commentaires.

  Alors voilà, comment par quelques mots, une femme heureuse d'être devenue maman, heureuse d'avoir mis au monde son enfant par césarienne, d'urgence, programmée, sous péridurale, peu ou trop dosée, et qui garde de son accouchement, de la naissance de son enfant un merveilleux souvenir, peut se retrouver tout à coup complétement déstabilisée.

  "Et si j'avais effectivement tenu plus longtemps sans", "Et si j'avais refuser le déclenchement?", "Et si j'avais tenté la VB pour mon bébé en siège?"... Et si, et si, et si...

  Dans la vie, pour tout et rien on peut se dire "et si", mais quand, une jeune mère, bien heureuse, vient raconter le plus beau jour de sa vie, et qu'une bande de harpies viennent nier, effacer, et changer ses souvenirs, en lui faisant croire que seul un accouchement naturel est un bel accouchement, moi je dis NON.

 Mesdames, que votre "combat" soit la non-surmédicalisation des naissances, bien, mais ne transformez pas un combat général, en attaques particulières. laissez les mamans avec leurs beaux souvenirs, ne venez pas les détruire parce que pour VOUS, un accouchement les pieds en étrier n'est pas un bel accouchement.
Par pitié, ne créez pas plus de dépressions post-partum qu'il y'en a déjà.
Merci.

H.

 

Histoire d'une IVG d'aujourd'hui.

Je venais d'avoir 24 ans. Il en avait 31.
Nous étions ensemble depuis 10 mois à peine. Je ne prenais pas la pilule, et ce soir-là, on ne s'est pas protégé, autrement dit, on n'a pas mit de préservatif.
Autrement dit : on a joué aux cons.
On avait pas 15 ans. Je viens du milieu du social, il était flic. Nous n'étions... ni idiots, ni non informés, on a juste... oui, joué aux cons.
Mais, le problème c'est que de jouer à la roulette russe, parfois on perd.
Ce soir là, je ne le savais pas, mais j'ai perdue.

J'ai fais mon test de grossesse le 4 janvier 2005.
Mon monde s'est effondré ce jour-là.
J'étais enceinte, surprise, étonnée, effrayée, heureuse, déstabilisée, apeurée... j'étais, pleine de contradiction, j'étais perdue.
Il n'en voulait pas, il n'en a jamais voulu, pas un seul instant, pas une seule seconde.

Moi, sidérée que j'étais, je me suis retrouvée comme une marionnette entre ses mains. Il a tout prit en charge les coups de fils pour l'écho de datation, le rdv avec une généraliste, avec la clinique qui... oui la clinique qui en finirait avec tout ça.
Je n'aurai pas de bébé, pas avec lui, pas avec cet homme qui soudain ne ressemble plus à celui que je connaissais, qui ne ressemblait à rien d'ailleurs. Il était un robot, une machine, j'étais un pantin.

L'écho a lieu. On lui demande en ma présence mon âge, mon nom, la date de mes dernières règles. Je ne suis plus moi, je suis un fantôme, un utérus à vider... c'est cru, c'est moche, mais ce fût ainsi que j'ai ressenti tout ceci, à ce moment là.
27 janvier 2005. Ce fût une IVG par aspiration. Le personnel est doux, rassurant, ne me juge pas, je le fais pour eux de toutes façons.

Il est là lui aussi. Il a prit sa journée. Non ce n'est pas un homme "bien" qui est là pour moi, c'est un homme, qui est là pour lui, pour s'assurer que l'IVG se fasse bien.

Elle se fût bien cette IVG. La douleur post-opératoire fût terrible, même le drap de mon lit semblait brûler ma peau. J'osais à peine demander de l'aide, demander d'être soulagée, comme si je me punissais pour cet acte...

Je reçus tout de même des antalgiques, et je rentra chez moi l'après-midi même.

Je vais vous passer relativement rapidement la suite immédiate de cette IVG. Je fût anéantie, je n'avais parlé de tout cela à personne dans un 1er temps, j'étais honteuse, surtout de la manière dont c'était arrivé...

La culpabilité me rongeait, et il fallait que j'en parle, à tout le monde même, jusqu'à en parler même à un prêtre, comme si je recherchais l'absolution, d'un crime, un crime qui n'en était pas un, qui n'en est pas un.

Aujourd'hui je suis maman, 2 fois, et avoir des enfants m'a fait accepter cette IVG, aujourd'hui, je me dis que j'ai bien fais, de construire ma famille autrement.

Ceci est MON histoire, ce n'est pas un plaidoyer.
C'est MON témoignage, celui qui vient de mes tripes. Authentique et sincère comme je tente toujours de l'être.

J'ajouterai juste une dernière chose qui me tient particulièrement à cœur. L'IVG est un droit, un droit qui doit être protéger, incontestablement.
Et surtout, il n'y a pas d'IVG "méritée", peu importe si vous aviez 2 stérilets, 3 pilules et 4 préservatifs qui étaient censés vous protéger et qui ont faillis.
Ou qu'au contraire, vous ne vous êtes nullement protégé, vous avez le droit à une IVG.

Vous y avez droit, sans le devoir de vous justifier envers qui que ce soit.

H


vendredi 11 octobre 2013

En son corps habité, une raison d'un non-allaitement...

En son corps habité... une raison d'un non-allaitement.

Du jour où toutes ces petites cellules commencent à se multiplier dans son corps, elle ne sera plus jamais seule.

Ces petites cellules qui grandissent, prennent place, prennent de la place...

Ces petites cellules qui ne se voient pas, qui ne se sentent pas, mais qui la rende si heureuse, et si fragile ...à la fois.

Cet embryon qui pousse, qui croît en elle, dans son corps forteresse, son corps incubateur...

En son corps habité, cette femme sent que celui-ci lui échappe : ces nausées incessantes, ces malaises inattendus, ce corps envahit, loué à son bébé.

Ce corps qui s'amplifie, qui se modifie, qui lui échappe un peu plus chaque jour.

Elle aimerait lâcher prise, juste profiter, on ne l'avait pas prévenue qu'elle vivrait un tel tsunami émotionnel.

Ce corps habité, endolori, qui crée, qui façonne, qui modèle, ce corps qui n'est plus sien, elle le prête, pour 9 mois.

Ce corps observé, épié, touché, cette pudeur que l'on oublie, cette intimité qui nous échappe, un corps qui n'est plus soi.

Elle attend, elle patiente, elle sait que cela va finir enfin, elle le sait, c'est comme ça que ça fonctionne, cela va finir oui.

En son corps habité, elle a beaucoup imaginé, là où son corps faisait défaut, son esprit s'exacerbait.

Elle ne s'attendait pas à toutes ces émotions, que procurait un corps prêté, mais son bébé arrivé, elle saurait, elle serait prête.

Ce corps qui un jour veut se libérer, ce bébé qui aujourd'hui veut sa liberté.

Ce corps qui de toutes ses forces pousse, qui puissamment expulse, fait naître au monde son enfant.

Cet enfant au corps bien à lui , doux, humide, qui se caresse, se regarde, se sent.

Et elle le sait, on lui a dit, on lui a apprit, elle l'a lu, ici et ailleurs, partout, maintenant, c'est son sein qu'elle doit donner.

Son sein, elle le sait, c'est ce qu'il faut à son petit d'homme, elle essaye, il tête, en sa bouche son sein n'est plus sien.

Mais elle ne peut plus, ce trop plein d'expropriation, elle ne peut plus.

Le corps a ses raisons que la raison ignore. Alors, elle le sait, ce sera moins bon pour lui, mais elle lui donnera un biberon.

Elle va retrouver son corps, son sein, leur appartenance, et elle sera maman, en son corps défendant.

  H.